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Le rat-taupe nu, nouvel espoir de la recherche contre le vieillissement (vidéo)

Le rat-taupe nu, nouvel espoir de la recherche contre le vieillissement (vidéo)

Résistant aux cellules cancéreuses, insensible à la douleur, capable de survivre sans oxygène… Le rat-taupe nu multiplie les caractéristiques hors normes qui en font un sujet de recherche sans limites.

Avec sa peau nue, son absence d’oreilles, ses yeux atrophiés et ses énormes incisives, il n’a rien d’attendrissant. Et pourtant, le rat-taupe nu pourrait bien être notre meilleur atout dans les années à venir pour la recherche sur le vieillissement : il vit trente ans au lieu de trois et résiste aux agents cancérigènes. Un animal extraordinaire pour lequel une soirée de collecte de fonds a été organisée lundi soir à Paris.

Une longévité extraordinaire. L’une des premières caractéristiques de ce rongeur, qui vit dans des galeries souterraines en Afrique de l’Est, est sa longévité. Sa corpulence, huit centimètres de long et 36 grammes en moyenne, le place aux côtés de souris. Mais si sa congénère vit entre deux et trois ans, le rat-taupe nu peut atteindre les trente ans sans aucun souci de santé. « C’est comme si nous, humains, on vivait 600 ans en bonne santé », compare le Dr Frédéric Saldmann, directeur scientifique de la Fondation pour la recherche en Physiologie, interrogé par Le Parisien.

« Et il reste en bonne santé et fertile, même en fin de vie », précise le chercheur. « C’est fascinant à observer, il n’évolue pas de sa naissance à sa mort, son enveloppe corporelle reste inchangée, il traverse les années comme si le temps n’avait pas de prise sur lui. Et au bout d’une trentaine d’années, il cesse simplement de fonctionner, il arrête de vivre », a expliqué le médecin à L’Express. D’ailleurs, l’une des hypothèses du médecin pour expliquer cette résistance au temps est que le rat-taupe mourrait par épuisement des cellules souches.

Une grande résistance aux maladies. Les chercheurs de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, dans le Val-de-Marne, qui accueille une colonie de 134 individus, ont testé la résistance de l’animal au cancer. Ils ont exposés cet échantillon à des cancérogènes cliniques et à des tumeurs extrêmement agressives. « Les rats-taupes ont tout rejeté », a expliqué Frédéric Saldmann, également cardiologue et nutritionniste, au magazine.

Selon une étude américaine dévoilée en 2013, ces rongeurs produiraient une importante quantité d’acide hyaluronique, un composant qui empêche la transformation de cellules saines en cellules cancéreuses. Cette résistance hors normes aux maladies pourrait également venir d’une activité physique intense. Le rongeur ne cesse de bouger dans les galeries souterraines qu’il a creusées. Cela lui permettrait de sécréter des molécules ultra-protectrices pour son système immunitaire, a observé le médecin auprès de FranceInfo. Cette capacité permettrait aux rat-taupes de résister aux « trois maladies qui finiront par nous tuer : le cancer, Alzheimer et les maladies cardio-vasculaires ».

Insensible à la douleur et au manque d’oxygène. Parmi les autres secrets du rat-taupe : la résistance à la douleur. Malgré son apparente fragilité liée à sa peau fine et sans fourrure, le rongeur ne ressent pas les effets d’une grande chaleur. Son corps, adapté à la vie sous terre où la température est constante, cesse d’entretenir les terminaisons nerveuses qui lui permettent de ressentir la chaleur à partir de l’âge adulte.

Il n’y a plus d’oxygène dans la galerie où il vit ? Pas de problème pour le rat-taupe qui peut vivre sans pendant 17 minutes, d’après les recherches du docteur Saldmann. Cette faculté viendrait d’une hémoglobine particulièrement adaptée au transport de l’oxygène. L’étude de cette caractéristique du rat-taupe permettrait de mieux comprendre les troubles neurovasculaires comme les AVC.  Cet animal apparaît comme un sujet de recherche d’autant plus prometteur que son code génétique est « similaire au nôtre à 93% ». « Ce rat pourrait complètement inverser notre rapport au vieillissement et à la maladie et notre espérance de vie pourrait être considérablement rallongée », conclut le Dr Saldmann pour L’Express.