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RDC: la grève de l’administration publique peu suivie dans le pays

RDC: la grève de l’administration publique peu suivie dans le pays

En République démocratique du Congo, les fonctionnaires ont entamé ce lundi matin une grève générale. La décision a été prise vendredi dernier. En cause, leur rémunération insuffisante. A Kinshasa comme dans le reste du pays, le mouvement est peu suivi.

Il n’y a que quelques dizaines de grévistes devant le bâtiment administratif de la fonction publique ce midi. Les nombreux fonctionnaires, qui étaient rassemblés à la place Golgotha, sont rentrés dans les bureaux, a confié un directeur qui lui-même est favorable au mouvement de grève.

Une rumeur non vérifiée a fait croire que le gouvernement était disposé de signer cet après-midi le document autorisant de payer les salaires de ce mois de juillet au taux de 1 425 francs congolais pour un dollar au lieu de 930 francs congolais. « C’est une information destinée à torpiller le mouvement », a rétorqué le porte-parole du Collectif des syndicats de l’administration publique au milieu d’autres grévistes restés en dehors du bâtiment. Nico Mulangu a dit attendre ce document pour se convaincre des bonnes dispositions du gouvernement.

Cette grève dans la fonction publique a été décrétée vendredi au cours d’une assemblée générale convoquée par le collectif des syndicats de l’administration publique. Elle traduit la colère des fonctionnaires dont les rémunérations sont insignifiantes au regard des réalités des prix sur le marché, explique le responsable syndical. La monnaie locale se déprécie au jour le jour. Le dollar, devise de référence, se négocie aujourd’hui à plus de 1 700 francs congolais contre 930 il y a six mois, mais les salaires sont restés statiques.

La grève commence timidement aussi en province, confirme le collectif. Mais vu la précarité des fonctionnaires partout dans le pays, le collectif se disait confiant en espérant que les délégués se mettent en grève en province également. Dans l’Est, plusieurs syndicalistes étaient encore en réunion ce lundi pour définir de la marche à suivre.

■ Explication sur un mouvement de colère

En juin, la loi des finances 2017 a finalement été promulguée en RDC. Cette loi prévoit un « taux budgétaire », un taux de change appliqué par l’Etat, de 1 452 francs congolais pour un dollar. Ce taux était de 920 par le passé. Une manière pour les députés de prendre en compte l’évolution du taux de change et de la dépréciation de la monnaie et par ricochet du pouvoir d’achat des fonctionnaires puisqu’au Congo, les syndicalistes expliquent que les grilles salariales sont indexées au dollar. Or l’inflation au Congo est galopante et la monnaie perd un peu plus de valeur toutes les semaines.

Aujourd’hui, le taux de change avoisine aujourd’hui les 1 700. Les fonctionnaires ont donc perdu depuis un an 40% de leur pouvoir d’achat. Avec la promulgation de la loi des finances 2017, les fonctionnaires espéraient une application du nouveau taux dès la paie de juillet. Mais à l’heure actuelle, ce n’est toujours pas le cas. Il faut dire que les caisses de l’Etat sont vides. La Banque centrale du Congo a renoncé à décaisser l’argent nécessaire pour la paie en une fois, mais a décidé de l’étaler sur au moins 10 jours. En attendant l’entrée d’hypothétiques recettes dans les caisses de l’Etat, ce sont les policiers et les militaires qui ont été payés en priorité. Les autres connaissent des arriérés. Ce qui rend de plus en plus difficile le fait de payer son loyer surtout dans une ville comme Kinshasa. Et bientôt, il faudra payer les frais scolaires des enfants.

Rfi.fr

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