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Iran: 1978, année de révolte avant la chute du chah

Iran: 1978, année de révolte avant la chute du chah

Il y a 40 ans, en janvier 1978, des premières manifestations dans la ville sainte de Qom lancent en Iran le processus révolutionnaire qui aboutira au départ du chah, un an plus tard.

Tout commence à Qom

Le 7 janvier 1978, le quotidien gouvernemental Ettelaat publie un article diffamatoire contre le chef spirituel des chiites iraniens, Ruhollah Khomeiny, l’accusant entre autres d’être un agent britannique. Cet opposant au chah Mohammad Reza Pahlavi est en exil depuis novembre 1964.

Les 8 et 9 janvier, des étudiants en théologie manifestent en soutien à Khomeiny à Qom, au sud de Téhéran: des dizaines de personnes tuées par les forces de l’ordre, selon l’opposition, six selon un bilan officiel.

Heurts sanglants

Le 18 février, une cérémonie organisée à la mémoire des victimes de Qom dégénère en émeutes à Tabriz (nord-ouest). L’armée intervient, faisant une centaine de morts, selon l’opposition, neuf morts et près de 200 blessés, selon un bilan officiel.

Les 9 et 10 mai, des émeutes éclatent notamment à Qom après un appel de grands chefs religieux à une journée de deuil national.

Appel à renverser le chah

Début juin, 800 étudiants internes de l’université de Téhéran sont expulsés. Un ordre de grève générale lancé par la hiérarchie chiite est suivi à Qom, Tabriz et Ispahan (centre).

Le 18 juin, l’ayatollah Khomeiny appelle à renverser le chah.

En juillet-août, des émeutes éclatent à travers le pays. Un attentat dans un cinéma d’Abadan (sud) fait entre 400 et 500 morts. gouvernement et opposition se rejettent la responsabilité.

Fin août, le pouvoir fait des premières concessions aux religieux, fermant des casinos et interdisant les jeux. D’autres concessions suivront, mais sans parvenir à arrêter le mouvement.

Vendredi noir’ à Téhéran

Le 4 septembre, entre 200.000 et 500.000 personnes manifestent à Téhéran à l’appel de la hiérarchie chiite pour réclamer le retour de Khomeiny.

Le 8, « vendredi noir » à Téhéran: le gouvernement décrète la loi martiale dans douze villes dont Téhéran et dénonce un « complot financé et dirigé par des forces étrangères ». Des milliers de manifestants se rassemblent à Téhéran et se heurtent à l’armée (110 morts selon un bilan officiel, plus de 1.000 morts selon l’opposition).

Khomeiny près de Paris

Le 6 octobre, l’ayatollah Khomeiny, expulsé d’Irak, s’installe à Neauphle-le-Château dans la banlieue parisienne.

C’est de là qu’il conduira la phase finale de sa lutte contre le chah en appelant les Iraniens, sur des cassettes distribuées sous le manteau, à renverser la monarchie.

Emeutes

Le 5 novembre, des dizaines de milliers de jeunes, étudiants et lycéens, déferlent à Téhéran. Ils incendient tous les symboles du régime.

Plus de cent banques sont détruites, les plus grands cinémas incendiés ainsi que le siège de la Savak (police politique), des grands magasins calcinés, des compagnies aériennes saccagées.

Manifestations de masse

Les 10 et 11 décembre, pour des fêtes religieuses, l’armée laisse le centre de Téhéran à plus d’un million et demi de personnes chaque jour. Les femmes voilées de noir s’y joignent en grand nombre, ainsi que des enfants.

« Mort au chah », « Khomeiny est notre chef », « U.S. Go home », scandent les manifestants.

Grèves

Le 24 décembre, la ville sainte de Machhad (nord-est) est paralysée par une grève générale.

Le 27, toutes les exportations pétrolières sont interrompues. Plus de 4.000 ouvriers de l’industrie pétrolière démissionnent pour s’opposer aux menaces gouvernementales de procès devant une cour martiale pour faits de grève.

Le 28, les secteurs-clés de l’économie -pétrole, douane, banques et aviation civile- sont paralysés par les grèves.

Le chah est parti

Le 16 janvier 1979, sous la pression de la rue et à la demande des Américains, le chah part en exil, signant la fin du régime impérial et le proche avènement de la République islamique.

« Le chah est parti », titrent les grands quotidiens. Des centaines de milliers de personnes envahissent les rues de Téhéran. Pour la première fois depuis des mois, les véhicules de l’armée s’étaient retirés de la capitale.

Afp

pluspres229

janvier 6th, 2018

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